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C’est quoi le bégaiement ?


Le Bégaiement est un trouble de la parole dans lequel le flux verbal est interrompu par des allongements, des répétitions, des blocages de sons, syllabes, mots ou phrases.
Le terme bégaiement est le plus souvent associé à une répétition involontaire de sons, mais il peut aussi désigner l’hésitation anormale ou les pauses avant le discours, caractéristiques que les personnes bègues décrivent comme des blocages ou des allongements de certains sons, habituellement des voyelles. La plupart des éléments qui constituent le "bégaiement" peut ne pas être observée par l’auditeur ; cela peut être des choses comme la peur de sons ou de mots, la crainte de certaines situations, l’anxiété, la tension, la honte, et le sentiment de perte de contrôle de la parole. L’état émotionnel des personnes qui bégaient en réponse au bégaiement constitue souvent l’aspect le plus difficile de ce trouble.
Environ 1% des adultes et 5% des enfants dans le monde sont touchés par une ou plusieurs formes de ce trouble, avec des pourcentages légèrement plus élevés pour les Africains adultes (8%–9%). Les hommes représentent approximativement 80% des bègues, alors que les femmes se rétablissent de ce trouble beaucoup plus couramment. L’origine de cette différence homme-femme n’est pas connue actuellement.
Le bégaiement est à l’origine essentiellement neuropathologique plutôt que mental, et ce n’est généralement pas un problème lié à la production physique des sons ou à l’organisation des pensées en phrases. Le bégaiement n’affecte pas l’intelligence, et en dehors de leur problème de fluence verbale, les personnes qui bégaient sont normales. L’anxiété, le manque de confiance, la nervosité et le stress ne sont pas la cause du bégaiement bien qu’ils l’empirent souvent. Ce trouble est également variable. Cela signifie que dans certaines situations, comme parler au téléphone, le bégaiement peut augmenter ou diminuer, en relation avec le niveau d’anxiété lié avec l’activité. Dans d’autres situations, comme chanter ou parler tout seul, la fluence verbale s’améliore. Par ailleurs, le bégaiement peut présenter des sévérités très différentes selon les individus et les périodes de leur vie, allant de la gène mineure au handicap lourd, avec des caractéristiques d’élocution différentes.
Bien que l’origine exacte du bégaiement soit inconnue, la génétique et la neurophysiologie semblent jouer un rôle. Une théorie est qu’un facteur génétique héréditaire peut préparer le terrain au niveau du cerveau et contribuer au développement du bégaiement. Bien qu’il existe beaucoup de traitements et de techniques thérapeutiques disponibles pour aider à améliorer la fluence, il n’y a pas de soin efficace à 100% pour le bégaiement aujourd’hui.

Le bégaiement est généralement perçu comme un trouble de la parole. Le bégaiement est en réalité un phénomène extrêmement complexe impliquant bien plus que la simple répétition des sons, le prolongement de syllabes et autres anomalies de la parole. Le bégaiement affecte toute la personne et peut être décrit plus exactement comme la combinaison de troubles de la parole, de la communication et du comportement.

Le bégaiement est souvent comparé à un iceberg et les troubles de la parole ne représentent que la partie émergée de l’iceberg. La plus grosse partie de l’iceberg est cachée sous la surface de l’eau et représente les troubles de la communication et du comportement : elle n’est pas perceptible par ceux qui ne bégayent pas, mais interagit en liaison étroite avec le trouble de la parole :

Ils ont tendance à éviter le contact visuel avec leurs interlocuteurs ; ils le font probablement pour ne pas lire l’embarras provoqué par leur bégaiement dans les yeux de leur interlocuteur. Il ont souvent une respiration irrégulière et essayent de parler avec très peu ou pas d’air dans leurs poumons. Quelques bègues essayent même de parler en inspirant.

Certains bègues évitent ou essayent d’éviter le bégaiement en substituant les mots : s’ils sentent qu’ils vont bégayer sur un mot particulier, ils le remplacent par un synonyme. Quelques bègues y arrivent tellement bien que personne, pas même leur époux(se) ne sait qu’ils bégayent. Ils utilisent souvent des mots inutiles tels que : "vous savez, voyons, disons que" etc... Ils ont l’impression que ces mots parasites leur donnent un élan qui les aide à franchir l’obstacle d’un mot redouté.

Les bègues ont tendance à réagir au stress en resserrant les muscles de leurs cordes vocales. Ceci explique probablement pourquoi le bégaiement empire souvent sous l’effet du stress. En plus de ces façons de communiquer et de ces comportements insolites, beaucoup de bègues ont aussi des perceptions et des sentiments négatifs sur leur bégaiement et sur eux-mêmes.